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Il y a quelques semaines je suis entrée dans un petit magasin de produits naturels et bio dans une petite commune tenu par une jeune femme très agréable et sympathique.

Elle avait un rayon de produits Hauschka incroyable !

Je crois qu’elle avait l’intégralité des produits de la gamme à l’exception des cosmétiques. Le tout dans une boutique qui ne doit pas faire plus de 15 m2. Je m’en étonne, plutôt admirative de son courage, car proposer des produits Hauschka qui sont des produits de très bonne qualité mais plutôt haut de gamme exclusivement à une clientèle de petite agglomération (et il me semble qu’elle est la seule à avoir une boutique de produits bio), c’est un sacré parti-pris de non-choix pour ses clients.

On commence à discuter des différents produits que l’on apprécie. Elle me déclare que toutes les façons, à ses yeux, il n’y a que cette marque qui soit dans le « vrai » c’est-à-dire qui est cohérente non seulement dans ses produits et leurs composants mais également dans sa démarche commerciale;

Je lui rétorque que Weleda c’est pas mal non plus ; que ce sont de bons produits et plus abordables.

« OUi peut-être ! mais ils sont vendus en pharmacie et ça pour moi c’est pas possible ! » m’assène-t-elle.

Devant mon air probablement étonné et interrogatif, elle se lance dans une argumentation véhémente et passionnée d’où il ressort au final (c’est moi qui fait la synthèse) que Weleda en sortant de ses réseaux classiques de distribution a perdu son âme.

En effet se faire référencer chez les pharmaciens, c’est se compromettre auprès des pollueurs du corps, via les médicaments composés de molécules chimiques par les lobbys pharmaceutiques avides de rentabilité. Donc c’est incompatible avec une marque qui veut apporter à l’homme ce que la nature a de meilleur. CQFD.

Je lui répond que, quand même, on ne peut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, qu’heureusement il y avait de bons médicaments et que les pharmaciens selon leur sensibilité vendaient et orientaient sur l’homéopathie, les huiles essentielles (nouveau business à la mode d’ailleurs !), etc … Elle n’en démord pas ; tout ça n’est que du business de la part de Weleda.

Vade retro satana !

Weleda chez moi,

pas un pied tu ne mettras !

De ce fait, et je n’avais pas vu les choses sous cet angle, elle pointait du doigt la notion de cohérence ; une forme de cohérence dans le marketing-mix entre le produit et son mode de distribution.

Souvent les supporters du bio critiquent les grandes surfaces qui commercialisent du bio, voire en font une ligne sous leurs marques distributeurs (j’y reviendrai) en argumentant que les logiques économiques sont antinomiques et qu’au-delà du produit, c’est l’esprit de la filière qui est malmenée. Bref le bio ce n’est pas que le produit c’est l’ensemble de la chaîne de valeur.

Dans le cas présent on a le mouvement inverse : une marque historique du bio qui sort du circuit classique de distribution de ce type de produit (magasins indépendants, petites coop, …) pour toucher via le réseau des pharmacies un public plus large.

Pour conclure sur l’anecdote de ma gentille commerçante, je me suis retenue de lui dire qu’il y avait un corner Hauschka au Printemps à Paris … Je crois que la pauvre fille aurait perdu sa Foi et ses illusions, si elle avait su (mais peut-être le sait-elle sans en percevoir les implications) que sa marque chérie était vendu au coeur du temple de la consommation, logée au beau milieu des marques de beauté vendant de l’artifice et du mensonge au fond de leurs pots de crème bien loin d’être naturels … !

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29 mai 2008 Marketing du bio

Réponses

5 Responses

  1. cerise

    mai 29, 2008

    coucou, ça me rappelle des souvenirs d’ex-épicière bio tout ça…
    weleda est très bien pour qui les aime, mais pour un revendeur,à moins de les commander via un catalogue de grossiste où l’on ne peut en prendre que quelques références, pour que la marque soit néanmoins présente dans le magasin, ça ne vaut pas le coup.
    Dans les années 90 quasi inconnue, weleda était bien contente d’avoir des magasins bio qui les proposaient. c’était galère pour les commander car il fallait commander en direct et avec des quantités minimales ( franco de port etc) ce qui fait que pour le réassortiment c’était pas évident…
    j’ai fait ça « pour la bonne cause » et à perte jusqu’au jour où je me suis aperçue que les pharmacies avaient des prix d’achat au moins égaux aux nôtres sauf qu’ils pouvaient commander juste une référence…
    du coup, après je renvoyais les gens à la pharmacie, d’autant que ces produits comme toujours il falait les payer à 30 jours en tant que magasin et qu’ils faisaient ensuite de la figuration…
    depuis, weleda est partout, on les trouve dans les espaces pharmacie des grandes surfaces, alors pourquoi s’embêter à les revendre si ce n’est juste pour « dépanner » une hypothétique clientèle fana de la marque ? (encore qu’il risque le lui manquer juste la réf. que vous n’avez pas !! )

    comme la gérante de ce magasin, j’ai été emballée par les produits Hauschka en leur temps…
    voir http://bio.ouvaton.org/dotclear/index.php?post/2006/03/16/drHauschka-et-ses-revendeurs
    mais tout a une fin.
    je trouve aussi cette personne très courageuse, surtout quand on sait que si l’on commande sur internet sur certains sites allemands les prix particuliers sont du niveau de ceux d’achat des revendeurs.
    à ce moment-là vous avez des clientes qui ne viendront dans le magasin que pour tester et pouvoir commander à loisir sur le net après…
    Ayant abandonné la profession, je ne sais plus où ça en est maintenant, mais vue la conjoncture je ne regrette pas du tout mon activité passée qui n’aurait pu qu’empirer !

  2. soange

    mai 29, 2008

    une question

    Salut,
    Je suis actuellement entrain d’étudier par moi-même des pub comme tu le fais avec de la sémantique mais je ne mis connais pas beaucoup.
    Peux-tu me conseiller des couquins, des sites ou même me donner ton avis d’expert.
    D’avance merci

  3. email

    mai 29, 2008

    le bio doit evoluer en devenant accessible

    le bio doit se tourner vers l’avenir et s’adapter aux monde tel qu’il sera prochainement

    le bio est le futur

    mais ne doit pas oublier pourquoi il est la
    ne pas oublier son histoire et les divers contextes qu’il a traversé depuis sa création

    c’est pourquoi la gentille dame que tu a rencontré avait très certainement raison mais a la fois tort de ne s’être pas mieux informée et adaptée, peut être n’est ce pas son souhait tout simplement.

    mais elle a avait raison sur le point de la cohérence de la démarche absolu du bon bio.

    y a t’il un mauvais bio?

  4. Grégory

    mai 29, 2008

    Bonjour !

    Et les germes de soja à l’origine de l’épidémie d’E.Coli, il n’étaient pas bio ?

  5. Prealudium

    mai 29, 2008

    e pharmacien cautionne en effet les produit qu’il vend.
    Mais imaginons qu’il ne vende plus que des produits respectueux … C’est le début du paradis …
    Et bien s’il vend 1% de Weleda, c’est déjà 1% du début du paradis …
    Ces produits ne s’en verront pas souillés pour autant qu’ils côtoient la chimie nocive …
    Au contraire, le contraste amènera peut-être des gens à se poser les bonnes questions ..
    Je serais plutôt d’avis à encourager ce genre de pharmaciens, qui ont peut-être un début de philosophie, car si la majorité des gens fréquentent les pharmacies, seulement quelques % vont dans des boutiques « Haushka » ou bio … Comment la majorité des gens pourraient-elles connaitre ces produits bio s’ils ne faisaient pas leur apparition dans les filières grand publique?
    Attention au « perfectionnisme » qui paralyse parfois …