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Une fois n’est pas coutume je reproduits l’intégralité d’un article passionnant sur le débat autour de l’aluminium et le cancer du sein, que j’ai lu sur www.lanutrition.fr.

Cet article me semble bien faire le tour du sujet sans polémique ni parti-pris.

A titre personnel, mon choix est fait (cf précédent post) : à la poubelle tous les déo qui contiennent la moindre particule d’aluminium ! Je reconnais que ceux qui n’en contiennent pas  ont moins efficaces mais bon, je n’ai peut-être pas encore trouvé le bon …

Je vous laisse prendre connaissance de l’article pour que vous vous fassiez votre propre opinion.

Déodorants : le procès de l’aluminium

Faut-il se méfier des déodorants antitranspirants ? Les sels d’aluminium qu’ils contiennent sont accusés des pires maux en matière de santé. Alors coupables ou non-coupables ? LaNutrition.fr fait le point sur les dernières données de la recherche.

Aline Périault

La rumeur revient régulièrement, colportée par les mails, forums, blogs et autres miracles de l’Internet : les déodorants antitranspirants sont toxiques et se tartiner les aisselles tous les matins avec son déo stick, déo bille ou déo spray met notre santé en danger. Risque de cancer du sein, maladie d’Alzheimer, démence et autres menus plaisirs. Info ou intox ? Voyons ce qu’en dit la recherche.

Les déodorants antitranspirants sont censés prévenir la formation d’auréoles disgracieuses sous les bras et les odeurs qui les accompagnent en empêchant le processus de transpiration. Comment ? Grâce à une substance qui « bouche » les glandes sudoripares. On vous le donne en mille : l’aluminium. C’est lui qui se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés. Peut-on donner un verdict dans le volet « déodorant » du procès de l’aluminium ?

Bloquer la transpiration

Déodorant et déodorant : ne pas confondre

Les déodorants « classiques » ne sont que des « parfums » destinés à masquer les odeurs corporelles par une odeur agréable, avec une efficacité plus ou moins aléatoire. Ils ne vous empêchent absolument pas de transpirer.

Les déodorants antitranspirants, par contre, bloquent le processus de transpiration. Plus exactement ils limitent la sécrétion de sueur par notre organisme grâce aux sels d’aluminium qui viennent « boucher » les glandes sudoripares. En théorie, vous gardez les aisselles sèches et par la même occasion vous évitez la formation d’odeurs indésirables.

Dans le camp des défenseurs, on retrouve le Dr Dana Mirick, du Centre de Recherche sur le Cancer Fred Hutchinson à Seattle. En 2002, la chercheuse a voulu savoir si notre accusé pouvait être tenu pour responsable de cancers du sein (1). Elle a comparé les habitudes d’hygiène de deux groupes de 800 femmes, les premières atteintes d’un cancer du sein, les secondes en bonne santé. Son réquisitoire sonne comme un alibi en faveur de l’aluminium : l’utilisation d’un antitranspirant n’augmenterait en rien le risque de cancer du sein.

Parmi les plaignants, on retrouve en première ligne le docteur Philippa Darbre. En septembre 2005, la chercheuse de l’université de Reading au Royaume-Uni pointe du doigt l’aluminium contenu dans nos antitranspirants qu’elle soupçonne de favoriser les cancers du sein (2). Comment ? Elle a montré que le chlorhydrate d’aluminium contenu dans les déodorants pourrait interférer avec les récepteurs aux estrogènes de certaines cellules cancéreuses. « Comme les estrogènes seraient impliqués dans le développement et la progression des cancers du sein, toute molécule de l’environnement qui possède une activité estrogénique et qui peut pénétrer dans le sein peut théoriquement influencer le risque de cancer de sein d’une femme. ».

Aux côtés du Dr Darbre chez les plaignants, on retrouve le Dr Kris McGrath de la Northwestern University de Chicago (3). La chercheuse a étudié les habitudes cosmétiques de 437 femmes souffrant d’un cancer du sein : utilisez-vous un antitranspirant au moins deux fois par semaine ? Vous rasez vous les aisselles au moins trois fois par semaine? Son verdict est sans appel : celles qui ont répondu par l’affirmative à ces deux questions ont été frappées par un cancer du sein en moyenne quinze ans avant leurs congénères. Pourquoi ? « Le rasage facilite probablement l’absorption de l’aluminium car il fragiliserait la barrière cutanée », suggèrent les auteurs.

Haro sur l’aluminium !

Donc l’aluminium franchirait allègrement notre peau pour aller se répandre dans notre organisme ? A vrai dire, nous n’en sommes même pas sûrs…

En 1995, les travaux du professeur Edmond Creppy, chef du laboratoire de toxicologie et d’hygiène appliquée de la faculté de pharmacie de Bordeaux apportaient des éléments à charge contre l’aluminium. Le chercheur montre alors que ce métal est absorbé par la peau (4). Pire : il pénètre beaucoup plus facilement dans l’organisme par cette voie que lorsqu’il est ingéré. La réaction ne se fait pas attendre : haro sur les antitranspirants ! Avec pourtant une nuance d’importance : les travaux du Pr Creppy ont été réalisés… chez la souris ! Un modèle que l’on peut difficilement extrapoler à l’homme d’après l’Afssaps : « la peau de souris n’est absolument pas adaptée pour des études de biodisponibilité transposables à l’homme sachant que l’épiderme de souris ne comprend que 2 à 3 assises cellulaires contre 20 à 30 chez l’homme. » (5)

Alors que se passe-t-il chez l’homme ? Jusqu’ici, une seule et unique étude portant sur l’absorption de l’aluminium sur la peau humaine a été réalisée par des chercheurs américains (6). Deux volontaires en bonne santé se sont prêtés à l’expérience, se laissant tartiner les aisselles de chlorhydrate d’aluminium et faisant don d’échantillons de sang et d’urine pour vérifier si cette substance passe la barrière de la peau. Verdict des chercheurs : seul 0,012 % de l’aluminium serait absorbé au niveau de la peau.

Appelé à la barre, le chimiste anglais Christopher Exley confirme : « Il est généralement admis que la peau constitue une barrière efficace contre l’aluminium. » Donc cette voie d’absorption serait négligeable ? « Cette conclusion est assez difficile à concilier avec le cas rapporté par le docteur Guillard », nuance le chercheur.(7)

Nous avons contacté le Dr Olivier Guillard, chercheur en biochimie à la faculté de médecine de Poitiers. Ce dernier ne croit pas du tout à un lien possible entre l’aluminium et les cancers, mais pour lui la neurotoxicité de l’aluminium ne fait aucun doute.

Il a suivi une femme de 43 ans se plaignant d’une immense fatigue. Diagnostic : hyperaluminémie, trop d’aluminium dans l’organisme. (8) Comment cette femme a-t-elle pu être exposée à des quantités d’aluminium suffisamment élevées pour entraîner ces symptômes ? Rien dans son environnement professionnel ne l’expose à l’aluminium. Toute source de contamination éliminée, le seul suspect encore en course était le déodorant de la patiente. Depuis 4 ans, cette femme utilisait tous les jours un déodorant antitranspirant contenant du chlorhydrate d’aluminium. Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs ont demandé à la jeune femme de cesser d’utiliser son déodorant. Résultat : dans les trois mois qui suivirent, la fatigue s’est atténuée puis a disparu. Parallèlement, son taux d’aluminium dans le plasma a considérablement chuté. Aucun doute possible : le déodorant antitranspirant était seul responsable de l’hyperaluminémie. Comment est-ce possible alors que nous sommes des millions à utiliser ces produits tous les jours ? « Il s’agit très probablement d’un cas d’hypersensibilité individuelle, explique le Dr Guillard. C’est le premier cas que nous rencontrons. ».

Pas d’alternative

Faut-il bannir définitivement les déodorants à l’aluminium ? L’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) prêche pour la présomption d’innocence : « Les experts de la commission de cosmétologie du 16 décembre 2004 se sont prononcés en faveur de l’innocuité des produits cosmétiques contenant de l’aluminium. (…) En raison de son intérêt technologique, la substitution de l’aluminium dans ces produits n’est pas envisageable actuellement. » (9). Il faut dire que l’industrie cosmétique ne dispose d’aucune alternative à l’aluminium pour les déodorants. Cependant, l’organisme reconnaît que « la réalisation d’une étude de pénétration cutanée de l’aluminium est indispensable ». (9) La commande est passée, résultats attendus courant 2006.

Alors l’aluminium, coupable ou innocent ? Bien audacieux le juge qui pourra se prononcer ; la sentence restera probablement en suspens en attendant les résultats de l’enquête.

Si vous préférez le principe de précaution à la présomption d’innocence, vous pouvez toujours bannir tout déodorant de votre salle de bain. Ou – solution moins risquée pour votre vie sociale – choisir un déodorant sans aluminium, ça existe.

Des déos sans alu

Pour trouver un choix assez large de déodorants sans aluminium, mieux vaut se rendre directement à la pharmacie. Il vous en coûtera légèrement plus cher que votre déodorant habituel : comptez autour de 6 euros par produit. Exemples :

  • Déodorant en stick Kéops de Roc

  • Déodorant stick Zelane

  • Déodorant vaporisateur Weleda aux huiles essentielles, sans parabens

  • Déodorant vaporisateur Vichy

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Références

  1. Mirick DK, Davis S, Thomas DB. Antiperspirant use and the risk of breast cancer.
    J Natl Cancer Inst. 2002 Oct 16;94(20):1578-80

  2. Darbre PD. Aluminium, antiperspirants and breast cancer. J Inorg Biochem. 2005 Sep;99(9):1912-9

  3. McGrath KG. An earlier age of breast cancer diagnosis related to more frequent use of antiperspirants/deodorants and underarm shaving. Eur J Cancer Prev. 2004 Apr;13(2):153.

  4. Anane R, Bonini M, Grafeille JM, Creppy EE. Bioaccumulation of water soluble aluminium chloride in the hippocampus after transdermal uptake in mice.
    Arch Toxicol. 1995;69(8):568-71.

  5. Vigilances Bulletin n°5. Le bulletin de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. Jan/Fév 2001

  6. Flarend R, Bin T, Elmore D, Hem SL. A preliminary study of the dermal absorption of aluminium from antiperspirants using aluminium-26. Food Chem Toxicol. 2001 Feb;39(2):163-8.

  7. Exley C. Aluminum in antiperspirants: more than just skin deep. Am J Med. 2004 Dec 15;117(12):956-9.

  8. Guillard O, Fauconneau B, Olichon D, Dedieu G, Deloncle R. Hyperaluminemia in a woman using an aluminum-containing antiperspirant for 4 years.
    Am J Med. 2004 Dec 15;117(12):956-9.

  9. Vigilances Bulletin n°31. Le bulletin de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. Février 2006

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11 février 2007 Lu, vu, entendu, à bon entendeur salut !!

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